LA NAMIBIE EN MODE SLOW LIFE

Des dunes ocres de son désert éponyme, le Namib, le plus vieux désert du monde, aux rives sauvages et indomptables de la Skeleton Coast, la nature a sculpté en Namibie des paysages grandioses pour voyageurs en quête d’aventure.


Dans la langue locale, Namibie signifie «terre du grand vide». Et c’est bien de cela dont il s’agit. Une terre aux confins de l’Afrique Australe, où l’expression «seul au monde» prend tout son sens. Avec en moyenne 30 habitants par kilomètre carré – soit l’une des densités de population les plus faibles de la planète –, ce territoire invite à renouer avec soi-même et à se reconnecter avec une nature à l’état pur. Un voyage en cinémascope, qui donne souvent l’impression de revenir à l’origine du monde.


De la capitale Windhoek, on file droit vers le sud pour rejoindre le désert du Namib. Dans ce désert, on dit que le vent transporte le sable, les sons et la vie. Le petit avion à bord duquel nous avons pris place survole une heure durant une succession de vallées pommelées puis très vite la terre aride de Namibie, qui décline sa palette de couleurs ocres à l’infini. La région semble dénuée de toute présence humaine. Seules quelques lignes droites indiquent que l’homme a tracé des routes pour tenter d’apprivoiser ces contrées sauvages, qui prennent parfois des airs de paysages quasi-lunaires. A l’approche de Sonop, notre retraite de luxe au milieu de la nature, le relief se dessine autrement, contrastant entre canyons et déserts, ponctués ici et là d’un arbre sous lequel viennent s’abriter oryx et antilopes. Juste avant l’atterrissage, le lodge apparaît comme un mirage.



Sonop est la seconde adresse namibienne du groupe Zannier. Ce campement d’explorateur hors du temps incarne le rêve d’un esthète du XXIe siècle, amoureux de l’Afrique australe et de la vie sauvage. Un campement luxueux de dix lodges en toile disposés sur d’immenses blocs de granit érodés et polis par les vents depuis plusieurs millions d’années. Dès l’arrivée, on est séduit par l’ingéniosité de ce projet, érigé en plein désert, 100 % démontable et 100 % autonome en électricité. Un éden qui invite à vivre en mode slow life, l’expérience d’une nature envoutante et grandiose.


Pour les voyageurs amateurs d’un luxe discret, ce petit groupe hôtelier est une référence. Et le pari un peu fou de son fondateur, Arnaud Zannier, hôtelier discret, passionné de surf et de moto, et des rêves plein la tête. «Je ne trouvais rien qui me convenait dans les établissements hôteliers de luxe, oscillant entre palaces un peu vieillissants, des lieux exceptionnels mais un peu guindés à mon goût, et les boutique-hôtels au design contemporain souvent glacial.» Il impose donc sa vision, guidé par sa quête d’authentique, qu’il résume souvent avec une citation de Léonard de Vinci: «La simplicité est la sophistication suprême.» Avant la Namibie, le groupe a ouvert des adresses confidentielles à Mégève, en Belgique et au Cambodge.


Sonop n’est pas un hôtel, c’est un voyage dans le temps

Sonop n’est pas un hôtel, c’est un voyage dans le temps, guidé par l’histoire des premiers explorateurs anglais en Namibie, au début du XXe siècle. Un petit bureau en bois, des bottes en cuir, un vieux gramophone, une ancienne armoire d’apothicaire… Dès le le check-in, le ton est donné. Depuis le deck, la vue à 180° sur le désert alentour est à couper le souffle. Une longue passerelle en bois serpente entre les rochers et mène aux tentes de luxe. Dans ces dix chambres, ouvertes sur le panorama cinématographique, chaque détail est soigné pour parfaire le voyage dans le passé. Lit à baldaquin, bureau en acajou, tapis persant, baignoire sur pied, lunette binoculaire, malles de voyage et cartes anciennes racontent l’histoire de cet explorateur anglais imaginaire. «Rien n’est laissé au hasard, explique Géraldine Dohogne, l’architecte d’intérieur en charge du lieu. La plupart des éléments à Sonop ont été chinés dans des brocantes et des vide-greniers en Angleterre.»


Pour explorer le désert autour du campement, on part à pied ou en VTT électrique. « La beauté et la force tellurique dégagée par cette immensité minérale sont d’une telle puissance qu’il n’était pas question de louer quads ou autres gadgets motorisés dans un environnement pareil. » explique Arnaud. Un guide local mène sur les traces des Springbok, ces petites antilopes sauteuses et des oryx, antilopes à cornes qui survivent en absorbant l’eau des plantes. Mais pour se glisser dans la peau d’un explorateur, il faut aussi se lever dès l’aube. Le lendemain, on file un peu plus au nord pour survoler en montgolfière les dunes de Sossuvslei. Cet océan de dunes, les plus hautes du monde, rouges comme la braise, se déplace au gré du vent. Certaines atteignent 400 mètres de hauteur. Vu du ciel, dans le silence à peine perturbé par l’air chauffé de notre montgolfière, le spectacle est d’une beauté saisissante. On s’arrête au retour à Dead Vlei, désert d’argile blanche entouré des dunes, dont les acacias multicentenaires, morts et séchés par le soleil cuisant, offrent un décor unique au monde. Sonop multiplie les expériences. De retour au lodge on se faufile entre les rochers pour découvrir la piscine et un spa inspiré des maisons africaines en terre de couleur bisque abritant deux cabines de soins.



Deux jours plus tard, on quitte à regret cette retraite pour Omaanda, plus au centre du pays, seconde étape de ce road-trip, et premier lodge créé par Arnaud Zannier en Namibie. Cette autre villégiature aussi luxueuse qu’authentique est née de la rencontre puis de l’amitié entre Arnaud Zannier et Angelina Jolie. L’anecdote est bien connue des initiés. En 2016, l’actrice séjourne au Cambodge pour le tournage de son film ‘‘First They Killed My Father’’. Elle est la première cliente de l’hôtel que vient d’ouvrir Arnaud. Elle évoque alors le travail de ses amis Marlice et Rudie Van Vuuren. Ce couple de Namibiens passionnés, à l’origine de la Fondation Naankuse, œuvre pour le maintien de la biodiversité et la sauvegarde des espèces menacées par les fermiers ou les braconniers. Depuis 2006, au cœur d’un sanctuaire naturel, ils ont installé un hôpital pour rhinocéros et éléphants blessés ou abandonnés que finance la fondation d’Angelina Jolie. Mais ils fournissent aussi des soins et une école à la population locale. L’hotelier imaginait ouvrir un autre établissement en Asie, en Birmanie ou au Vietnam. Il ne s’intéresse pas encore à l’Afrique et la Namibie. «Angelina Jolie m’a convaincu que j’aimerais ce pays où je n’avais jamais mis les pieds. Elle avait raison: j’en suis tombé amoureux.» L’hôtelier avide de nouvelles sensations, de paysages inédits et de justesse de l’instant vécu a trouvé l’endroit parfait pour son nouveau projet. Il rachète une ferme jouxtant Naankuse, et promise à devenir un lotissement. Avec ces 9000 hectares qui accueillera son lodge, il devient aussi propriétaire de l’immense réserve désormais gérée par la fondation de Marlice et Rudie. Ainsi est né Omaanda, inspiré du mot omhanda qui signifie “rhinocéros” en oshiwambo, la langue locale. Envisagé comme un retour aux sources et à la nature sauvage, dix huttes en plein cœur de la savane à seulement quarante minutes de Windhoek, inspirées de l’architecture traditionnelle du peuple Ovambo.


La vraie richesse d'Omaanda, c’est sa symbiose avec la nature et la faune environnante

Ici, les premiers voisins sont à une demi-heure de route, ou plutôt de piste. C’est dire comme le site est immense. Une fois encore, Arnaud Zannier affiche la différence qui fait son succès: «Ce que j’aime, c’est faire vivre la culture locale, tout en respectant le lieu et l’environnement. Je ne veux surtout pas imposer un modèle qu’on retrouvera ensuite dans chaque pays», insiste-t-il. Les murs arrondis de chaque pièce sont construits selon la culture locale d’un enduit naturel, et les toits sont en chaume tressé à la main. A l’intérieur, design épuré, omniprésence du bois et antiquités chinées en Namibie et dans les pays avoisinants contribuent à l’atmosphère dépaysante du lodge. Mais la vraie richesse du lieu, c’est sa symbiose avec la nature et la faune environnante. Autour, la plaine piquetée de mopanes et d’acacias dévoile au lever du soleil oryx, phacochères, cerfs ou gangas, des perdrix africaines. Depuis les chambres ou la piscine, le regard est aimanté par un petit lac vers lequel les animaux convergent matin et soir pour s’abreuver.Omaanda est le lieu idéal pour faire un peu plus qu’un safari et profiter des liens étroits tissés avec Naankuse. Pour mieux comprendre le travail de la fondation, on peut marcher dans les traces des guépards, dont il est possible de s’approcher jusqu’à quelques mètres. Deux fois par jour, l’hôtel organise en petit comité des safari pour observer les animaux dans leur habitat naturel. Là, une famille de rhinocéros blancs immobilisée près d’un bosquet d’acacias, plus loin un couple de girafes cachées derrière du bush ou un bataillon d’autruches ou de springboks qui détalent à la vue des zèbres. Il faudra être un peu plus patient pour voir le maître des lieux, le lion. Et elle est bien là, la singularité de cette réserve. Elle offre aux voyageurs le privilège de vivre un safari plus intime, dans des 4x4 où il n’y a jamais plus de six personnes.


Notre voyage touche à sa fin. La nuit namibienne nous enveloppe, la voûte céleleste offre un spectacle qu’aucune pollution ne vient troubler. Et on se se met à rêver à d’autres voyages aux confins du monde...


www.zannierhotels.com


photos : © Maison Zannier / Sergi Ferrete, Remi Jacquaint, Patrick Duvanel, Michal Prucha, Sam Power, Johnny Chen on Unsplash



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